#8 1 mois et demi déjà que l'album est sorti !

Releases, baby-blues et autres anglicismes post-sortie

La patience n'existe pas
4 min ⋅ 29/04/2026

Voilà 1 mois et demi que l’album est sorti et, honnêtement, je n’ai pas encore atterri 🛩️

Je commence à ressentir bien de la fierté d’avoir réussi à mener ce projet à son terme tout en réalisant à quel point je n’imaginais pas que ça me ferait faire tant de choses si différentes et endosser tellement de casquettes parfois en opposition les unes avec les autres. Entre celle de la chargée de prod qui constitue des dossiers de demandes de subvention entre deux répét de l’artiste pour la release party, celle de la community manageuse qui monte des teasers pour promouvoir les concerts de sortie ou encore celle de la régisseuse qui récupère les factures du catering showcase, en passant par la graphiste qui refait les affiches du merch et les flyers pour la release et la chargée de diff qui essaie de booker de nouvelles dates. Et encore, je ne vous dis pas, là, le dixième de ce dont sont faites mes journées en ce moment. Disons que je me sens un peu Shiva plutôt que Natacha…

Rien que ce matin, par exemple, j’ai posté le CD commandé par un fan allemand, j’ai réclamé mes états de redevances à mon distributeur pour les fournir à la SPPF, société civile des producteurs phonographiques auquel adhère NoldUp, mon label. Cette même SPPF qui a apporté son soutien financier pour la soirée parisienne au Zèbre de Belleville et à qui j’ai dû envoyer - ce matin toujours - des attestations de l’URSSAF et des Congés Spectacles pour garantir notre respect du cadre légal. J’ai également cherché puis envoyé mon numéro Sacem à une structure avec laquelle je prépare un projet d’action culturelle en milieu scolaire pour l’an prochain, visionné en accéléré le dernier concert pour choisir les titres que mon ami Oscar va mixer en priorité (à partir de la sortie de console) et j’ai finalisé une demande de prise en charge de formation au mix pour cet été (pour devenir plus autonome sur cet aspect que je suis loin de maîtriser encore). J’ai également écouté le début d’un podcast qui m’est consacré par Marc Schaeffer, “Parcours d’artiste” dont le premier épisode est sorti ce matin (les suivants arrivent les 5 prochains mercredis) et calé la prochaine session live pour la version acoustique harpe-voix de Ne jamais dire jamais qui va arriver sur les plateformes d’ici l’été (les petits veinards qui ont le CD ont déjà pu l’écouter et si vous n’êtes pas dans ce cas et que vous manquez de ce qui n’existe pas, a.k.a la patience, vous pouvez aller jeter une oreille sur mon Bandcamp où il est déjà disponible en exclusivité.

Mais trêve d’étalage de mon hyperactivité totalement dispersée et néanmoins efficace, je voudrais vous raconter aujourd’hui ce que ça me fait, à cette étape, de faire une pause pour faire le point sur tout ça : je suis trèèèèèèès heureuse de ce disque. Trèèèèès heureuse de ce qu’il est, en son, en images, en matière, en premiers retours médias et surtout en vos retours à vous, quand vous avez osé m’écrire comment vous l’avez accueilli, ce qui me remplit de joie à chaque fois, même quand ce n’est pas que compliments dithyrambiques. Trèèèès heureuse aussi des concerts en trio donnés autour de cette sortie (et un peu triste qu’il n’y en ait pas d’autres de programmés à ce jour sous ce format) et de l’accueil que vous nous y avez réservé, à St Quentin, à St So et au Zèbre de Belleville. Tiens d’ailleurs, voici quelques (magnifiques) photos de cette dernière date, en avant-première, pour vous, du talentueux Thomas Bader.

Vous sentez comme c’était bon d’y être ?

Et puis, comme après chaque pic d’activité intense, arrive le contrecoup émotionnel et physiologique. Bye bye les shoots d’adrénaline et de dopamine, welcome la sensation de vide et d’épuisement aggravées par la disparition d’un cap clair et la décompression mentale qui laisse à nouveau la place à tous les petits soucis et surtout à la fameuse question existentielle : “et maintenant ?”

On parle d’anhédonie aussi, c’est-à-dire la difficulté (voire l’incapacité) à ressentir du plaisir et c’est physiologique, pas juste dans la tête : comme quand on prend l’habitude de manger trop salé ou trop sucré et qu’on ne perçoit plus la goût savoureux des aliments naturels. Depuis la semaine dernière, je me lève le matin avec un peu plus de difficulté, moins d’élan en tout cas, et les journées me semblent beaucoup plus longues. Je recommence à penser, avec anxiété, à mes conditions de (sur)vie dans les prochains mois avec cette conjoncture compliquée pour les artistes et le milieu culturel en général, sans même parler de l’état global du monde que le “nez dans le guidon” maintenait un petit peu à l’écart de ma conscience pour me garder focus sur mes objectifs artistiques.

C’est le moment idéal pour s’octroyer un vrai break, loin des réseaux, loin de la maison, loin de tout ce qui fait le quotidien et, comme je suis extrêmement chanceuse, j’ai un amoureux qui a tout prévu et m’emmène quelques jours au soleil, dans un pays dont je ne connais pas la langue, où l’on se sustente d’aliments que je ne goûte que rarement et où l’horizon trace un trait entre du bleu et du bleu. Au programme : dépaysement, découvertes en mode “plein les yeux, les oreilles, les narines et les papilles”, repos, rencontres impromptues, repos encore et détente pour accompagner la descente en douceur plutôt que lutter contre et se remettre en forme pour préparer la suite.

Parce que bien sûr, ce n’était que le début !
En attendant, demain, alors même que je n’ai pas fini d’atterrir, je décolle mais pas trop loin quand même pour pas faire exploser mon bilan carbone ✈️ ni trop longtemps puisque je joue dimanche 10 mai prochain en Belgique à Dottignies (dépaysement assuré également ;-) et réservations par mail ou MP si vous êtes intéressé.e.s car c’est dans un lieu privé).

À très vite ! Et continuez d’écouter et de partager mes chansons : elles existent pour vous !

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La patience n'existe pas

Par Natacha Tertone

À propos de l’auteur de La patience n'existe pas …

Autrice-compositrice-interprète de chansons avec beaucoup de mots et de sons malmenés, où je parle de vous en parlant de moi, sans complaisance.

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